Le livre se présente sous la forme du roman-mémoires écrit par un philosophe. L’un de ses symptômes est la présence continue du personnage du philosophe dans les romans de cette époque. Autrement dit, Voltaire procède à une réfutation narrative d’une philosophie. ... La selbst-biographie apparaît en Allemagne au XVIII e siècle. En effet, le roman, genre alors indéfini, trouve dans son union avec la philosophie un moyen de s’élever en dignité et de véritablement s’inventer comme genre artistique à part entière. Retrait gratuit dans + de 700 magasins La philosophie, rigoureusement comprise, met toujours en jeu la question de la vie bonne. Si l’ouvrage ne se départit pas d’un aspect « pot-pourri » (pour reprendre le titre du conte de Voltaire auquel Colas Duflo fait allusion), auquel l’absence de conclusion contribue certainement, les analyses permises par cette double lecture — philosophique et littéraire — qui sait se mettre au diapason de son objet, sont saisissantes. Au XVIIIe siècle, la philosophie, mal à l'aise dans une université qui la considérait comme une branche de la théologie, cherchait un autre public et de nouvelles façons de s'élaborer et de s'écrire. Résumé du document. C’est pourquoi il invente la catégorie d’antiroman du lecteur, et même d’antiroman du lecteur dont vous êtes le héros. C’est pourquoi « ils inventent des procédés narratifs qui sont en même temps des dispositifs philosophiques permettant de constituer une anthropologie passionnelle » (p. 152). Après une phase marquée par les critiques du roman, viennent les défenses du genre, puis les analyses de son histoire et de son rapport au roman anglais ainsi que les réflexions sur la manière de raconter dans un roman ou un autre texte narratif. → Cliquez ici pour revoir vers le rythme de l'histoire. Sa réfutation devait donc en passer par une réfutation de la philosophie matérialiste. Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire : Hermann Broch entre littérature et philosophie, Sortie de confinement, ou la somme de tous les dangers, La démocratie représentative est-elle réellement démocratique, Lettre aux professeurs d’histoire-géographie. Article suivant : L’art au XVIIIe siècle, l’éclosion de l’esprit néoclassicisme. C’est l’un des romans les plus importants du siècle, y compris auprès de la génération des grands philosophes des Lumières, qui l’ont tous lu. Regarder à distance dans les Lumières écossaises, ENS Éditions, Roman et philosophie au temps des Lumières. Repère : Le roman au Siècle des lumières Les Lumières correspondent à un phénomène historique, intellectuel, culturel qui a marqué le continent européen et dans lequel la France a pris une part importante. Le chapitre consacré à Candide de Voltaire, sous prétexte d’une question définitionnelle (s’agit-il d’un antiroman au sens que donne Genette à ce terme ? Ces manières ne vont jamais de soi, car il est toujours délicat de mêler dissertatif et narratif. Le personnage de roman au XVIIIe siècle Si l’on accepte de nuancer les histoires littéraires qui situent traditionnellement l’âge d’or du personnage au XIXe siècle, sous la plume des grands romanciers comme Balzac, Flaubert ou Stendhal, il est facile de s’apercevoir qu’il existe déjà, et de manière très forte, au XVIIIe. Contre une vision bien pensante de la catastrophe finale, très répandue au XIXe siècle, qui y voit un triomphe de la vertu, il faut y lire tout autre chose : « la pudeur mortelle de Virginie, extrême au point de préférer lui sacrifier sa vie, ne peut être comprise que comme celle d’une grande amoureuse ; elle traduit la présence de grands sentiments aussi bien, comme on le disait au XVIIIe siècle, d’un grand tempérament » (p. 233). Cleveland de l’Abbé Prévost a un caractère beaucoup moins anecdotique. C’est une solution à un problème littéraire : justifier la co-existence des deux régimes de discours. et la façon dont l’histoire est racontée (la, uniquement ce qui se déroule sous ses yeux →, ce qui se déroule, le passé et les pensées d’un seul personnage →, ce qui se déroule, le passé, le futur et les pensées de plusieurs personnages →. (6) C'est moi qui souligne, ici comme ailleurs dans ces pages. S’il s’agit bien d’une question d’actualité qui peut intéresser le lecteur pour des raisons extra-diégétiques, il montre que ces développements sont en réalité nécessaires aussi bien pour des raisons narratives que philosophiques internes au roman. La Vie des idées Nombreux sont, au XVIIIe siecle, les romans qui montrent le desequilibre mental produit par le rapport a l'autre et a soi caracteristique du libertinage. Les premiers balbutiements du roman comique (4) Sur cette question, on se reportera à l'ouvrage de G. May, Le Dilemme du roman au XVIIIe siècle, PUF, 1963. Contexte philosophique a) Le rationalisme 15 b) L’empirisme c) Le relativisme culturel 1.5. À l’époque des Lumières, le roman s’empare de la philosophie pour en faire de multiples usages : secouer la systématicité philosophique, recourir aux leçons de l’expérience, contester les illusions philosophiques... mais aussi décevoir les attentes romanesques du lecteur. Il se demanda : « Viendra-t-elle au restaurant ? ». Les idéaux des Lumières, avant d’exploser en 1789, s’expriment d’abord dans le champ littéraire. Le livre Roman et philosophie n'ont pas toujours habité des mondes séparés. À leur manière, les philosophes de la génération suivante (Montesquieu, Rousseau, Diderot) se souviendront du personnage de Prévost. Le roman philosophique désigne plutôt une collection de manières différentes d’hybrider philosophie et littérature, selon des genres différents (roman-mémoires, récit utopique, etc.). Mais la forme prise par cette critique est celle du genre hypertextuel qu’est la parodie. Ainsi, par exemple, il propose une interprétation minutieuse et magistrale d’un passage de La Religieuse. Le « vous » auquel Diderot s’adresse, le narrataire, est en effet le lecteur de roman que l’auteur travaille à transformer en lecteur de philosophie. Les aventures de Sophie : la philosophie dans le roman au XVIIIe siècle achat en ligne au meilleur prix sur E.Leclerc. 1.4. Ferrand, Nathalie, Livres vus, livres lus. À propos de : H. Broch, Théorie de la folie des masses, Éditions de l’Éclat. Bloc- notes + Une œuvre philosophique? Ils appartiennent en effet à une époque qui renonce à traiter des passions a priori, et ils jugent indispensables eux aussi de faire appel à l’expérience. Pour cette partie, un autre ouvrage de référence s’impose : Jean SERROY, Roman et réalité, les histoires comiques au XVII ème siècle, Librairie Minard, Paris, 1981, 778 p. Nous résumons ici l’essentiel de cet ouvrage. Il attendit avec impatience l’heure du dîner. Au XVIII e siècle, le roman est considéré, par des moralists, comme un genre bas, vulgaire, avec immoralité ou invraisemblance. Chapitre I. Un chapitre se propose de le mettre en évidence à partir d’une lecture de la Nouvelle Héloïse de Rousseau. Néanmoins, le roman restera, au cours du XVIIIe siècle, un genre en quête de légitimation et de définition, comme le montrent les nombreuses réflexions sur le roman au XVIIIe siècle. Viendrait-elle au restaurant comme promis . L’antiroman du lecteur travaille donc à transformer la réception du romanesque en la contraignant à se rapprocher d’une réception philosophique. Contre l’évidence avec laquelle on aborde le discours philosophique et la fiction romanesque comme deux types de textes tout à fait distincts, le XVIIIe siècle se révèle comme l’époque où règne la mode de la philosophie dans le roman. Qui plus est, ce personnage porte en lui-même une histoire. Daniel Dumouchel 50 Rêveries du promeneur solitaire, fera des véhicules philosophiques inusités, et au roman, qui, tout au long du siècle, par le truchement de ses deux grandes formes nouvelles que sont le roman-mémoires et le roman épistolaire, deviendra un remarquable outil d’expérimentation philosophique, dont les philosophes eux-mêmes n’hésiteront pas à Le roman et récit du XVIIIe siècle. On trouve depuis la fin du XVIIe siècle ainsi qu’au XVIIIe siècle siècle une réflexion importante sur le genre romanesque. Le roman comique au 17ème siècle. Le livre Roman et philosophie n'ont pas toujours habité des mondes séparés. C’est qu’il s’agit d’un roman dont Suzanne la narratrice est supposée ignorante. Mettre sur la scène un philosophe, c’est toujours en même temps mettre en scène un projet de vie. Les premiers balbutiements du roman comique Souvent, raconter l’Autre permet de se raconter. En réalité, il est intrinsèquement problématique. Mais il ne fait pas pour autant œuvre militante puisqu’il cherche avant tout à renouveler le roman grâce à la philosophie. La philosophie dans le roman au XVIIIe siècle, CNRS Éditions. Pour cette partie, un autre ouvrage de référence s’impose : Jean SERROY, Roman et réalité, les histoires comiques au XVII ème siècle, Librairie Minard, Paris, 1981, 778 p. Nous résumons ici l’essentiel de cet ouvrage. Parmi elles, on compte Mme Cottin et Mme de Staël par exemple, qui revendiquent l'héritage de l'écrivain anglais Richardson et par là la vocation morale de leur oeuvre [2]. - le roman philosophique qui mêle exotisme et critique de la société. Prévost voulait faire le récit de l’échec de la philosophie à guider la vie du personnage principal. Le genre romanesque n'a jamais été aussi représenté et n'a jamais connu autant de succès. Si la question des rapports entre littérature et philosophie connaît une certaine actualité, l’intérêt de l’ouvrage de Colas Duflo est de l’éclairer sous un jour inhabituel en étudiant une époque particulière, celle des Lumières, « où la philosophie et le roman n’habitaient pas dans des mondes séparés » (p. 9). De manière générale, Colas Duflo invite à mettre en regard la manière dont les romanciers utilisent la philosophie pour renouveler le genre, et celle dont les philosophes utilisent le roman pour accomplir leur transformation de la philosophie. Conclusion : par sa diversité, le roman du 18ème siècle prépare le terrain pour des auteurs d'œuvres encore plus complexes et recherchées. Recension Nicolas Rialland, le 20 novembre 2013, Nicolas Rialland, « Roman et philosophie au temps des Lumières », Description. La philosophie de la musique dans le roman du XVIIIe siècle : de l'effet au charme Écriture romanesque et philosophie chrétienne : Le comte de Valmont (1774) de l'abbé Gérard Scène pornographique, scène philosophique chez Sade. Le XIXe siècle peut être considéré comme celui du sacre du roman. Lycée Seconde Français Le roman et le récit du XVIIIe siècle au XXIe siècle. Les premiers chapitres sont ainsi consacrés à en montrer toute la difficulté. En effet, on a souvent reproché à l’ouvrage ses longues dissertations, qui d’ailleurs se signalent comme telles la plupart du temps. La philosophie dans le roman au XVIIIe siècle, CNRS Éditions - À l'époque des Lumières, le roman s'empare de la philosophie pour en faire de multiples usages : secouer la systématicité philosophique, recourir aux leçons de l'expérience, contester les illusions philosophiques... mais aussi décevoir les attentes romanesques du lecteur. Philosophie, À propos de : Colas Duflo, Les aventures de Sophie. Au XVIIIe siècle, la philosophie, mal à l'aise dans une université qui la considérait comme une branche de la théologie, cherchait un autre public et de nouvelles façons de s'élaborer et de s'écrire. Elles ont, dit-on, le défaut de venir interrompre le déroulement de l’intrigue. À cette fin, il s’intéresse à des romanciers dont le statut et l’importance historique sont bien différents. Dans plusieurs chapitres, l’ouvrage de Colas Duflo offre de véritables leçons de lecture. Chapitre II. ISSN : 2105-3030. Une nouvelle à chute = avec une fin surprenante. Le roman ne s'en est pas moins progressivement imposé depuis le XVIII e siècle comme le genre dominant dans la littérature occidentale en parallèle du développement de la notion d'individu et d'une réflexion non religieuse sur le sens de la vie et de l'Histoire, soutenu par la généralisation de l'apprentissage de la lecture par l'école et la diffusion imprimée. Le roman du XVIIIe siècle est marqué par le renouvellement des formes et des contenus qui préfigurent le roman moderne considéré comme une œuvre de fiction en prose, racontant les aventures et l’évolution d’un ou de plusieurs personnages.